Qu’est-ce que l’AJEFS?
Fondée en 1989 par des juristes du Barreau de la Saskatchewan, l’Association des juristes d’expression française de la Saskatchewan est un organisme sans but lucratif qui travaille au développement et à l’accès à la justice en français en Saskatchewan.
La mission :
Contribuer de façon significative à améliorer l’accès à la justice en français pour les citoyens et citoyennes de la Saskatchewan dans une collaboration étroite et efficace avec la communauté fransaskoise, le système de justice et les divers paliers de gouvernement.
Le mandat :
- Offrir des services d’information et de formation.
- Contribuer à l’amélioration de l’accès à la justice.
- Services de références pour répondre aux besoins d’information et de services juridiques en français.
- Promouvoir les carrières dans le domaine de la justice.
L’AJEFS peut vous aider si vous avez besoin :
- D’information juridique en français.
- Du nom d’un avocat d’expression française dans votre localité pour un domaine du droit en particulier.
- D’aide parce que vous ne trouvez pas, ou n’avez pas obtenu de services juridiques en français.
- De quelqu’un pour adresser la parole à votre groupe, école ou association communautaire.
- Si votre groupe local, votre association régionale ou votre association provinciale désire développer un atelier spécialisé en matière juridique.
Conseil d’administration de l’AJEFS 2024-2025

Me Tava Burton
Présidente
MLT Aikins LLP
1500 – 1874 Scarth Street
Regina, Saskatchewan, S4P 4E9
Tél. : 306-347-8425
tburton@mltaikins.com

Me Romain Baudemont
Vice-président
Gerrand Rath Johnson LLP
700-1914 Hamilton St.
Regina, Saskatchewan, S4P 3N6
Tél. : 306-522-3030
RBaudemont@grj.ca

Me Éric Bergeron
Secrétaire
Miller Thomson LLP
600 – 2103, 11e Avenue
Regina, Saskatchewan, S4P 3X8
Tél. : 306 347-8342
ebergeron@millerthomson.com

Me Dana Brûlé
Trésorier
Procureur principal de la Couronne
300- 1874 Scarth Street
Regina, Saskatchewan, S4P 4B3
Tél. : 306 787-5490
dana.brule@gov.sk.ca

Me Jean-Pierre Séguin
Conseiller
Scott Phelps & Mason
Main Floor, 306 Ontario Ave,
Saskatoon, Saskatchewan, S7K 2H5
Tél. : 306 244-2201
jp.seguin@spmlaw.ca

Me Bennet Misskey
Conseiller
MLT Aikins LLP
1500 – 1874 Scarth St
Regina, Saskatchewan, S4P 4E9
Tél. : 306 347-8467
bmisskey@mltaikins.com
Le personnel
Bourses d’études
Fondation fransaskoise
Rapports annuels
Prix honorifique Turgeon
Ce prix est attribué à un juriste francophone qui fait preuve d’un dévouement exceptionnel à l’avancement des droits des francophones. Le prix Ferdinand Alphonse Turgeon a été créé à la mémoire de feu William Ferdinand Alphonse Turgeon.
Celui-ci débute sa carrière en mars 1903 à Prince Albert. Me Turgeon plaide et gagne sa première cause importante devant la Cour Suprême dès le mois de juin. En 1907, il est nommé procureur général de la Saskatchewan, ce jeune procureur se voit attribué de rédiger le corpus des lois de la nouvelle Province. Le 13 mars 1921, il est nommé à la Cour d’Appel de la Saskatchewan et il devient juge en chef en 1938 jusqu’en 1941. À l’âge de 64 ans, il accepte l’invitation du Gouvernement canadien de se joindre au corps diplomatique canadien. Successivement ambassadeur en Argentine, au Chili, au Mexique, en Belgique, en Irlande et au Portugal. Il prend sa retraite bien méritée en 1956 à l’âge de 80 ans.
*« Ferdinand-Alphonse Turgeon a été un ardent défenseur des franco-catholiques. Dans la lutte pour la prévention de leurs droits scolaires, les franco-catholiques de la Saskatchewan n’ont pas eu de représentant plus habile et d’allié plus précieux que William Ferdinand-Alphonse Turgeon, deuxième procureur général de la Saskatchewan.»
Ce prix est présenté dans le cadre de l’Assemblée annuelle de l’Association des juristes d’expression française de la Saskatchewan.
*Source : LAPOINTE Richard, 100 NOMS, Petit dictionnaire biographique des Franco-Canadiens de la Saskatchewan., La Société historique de la Saskatchewan 1988.
Récipiendaires
2019, l’honorable Guy Chicoine

Remis à l’honorable Guy Chicoine lors du banquet célébrant le 30e anniversaire de l’AJEFS qui a eu lieu le 5 octobre 2019 au Carrefour des Plaines à Regina.
« L’honorable juge Guy Chicoine vient tout juste de prendre sa retraite comme juge de la Cour du Banc de la Reine dès le 30 septembre 2019. Il est originaire du Village de Storthoaks, 8e né d’une famille de douze enfants. Il a fréquenté l’école secondaire à Carnduff. En 1973 il s’est inscrit au Collège St-Thomas More à l’Université de la Saskatchewan à Saskatoon où il a obtenu un Baccalauréat en arts avec spécialisation en sciences politiques en 1976 cum laude. Le Juge Chicoine s’est ensuite inscrit au Collège de droit à Saskatoon et il a reçu son Baccalauréat en droit en 1979. Il a effectué son stage chez Hill, McLellan, Ball, Cundall and Bridges à Estevan et il a été admis au Barreau de la Saskatchewan en 1980. Il continuera à travailler pour le même cabinet pour cinq ans. En 1985, il a établi le cabinet Chicoine and Billesberger, toujours à Estevan. Pour les prochaines 17 ans il a exercé le droit général, consacrant une grande partie de son temps au droit de la famille, le droit pénal, le droit commercial, et en gestion des successions, entre autres domaines.
Le juge Chicoine a été membre de l’ancien Comité du Tribunal des droits de la personne de 1995 à 1997 et a été nommé un des cinq membres du Tribunal canadien des droits de la personne en 1998 pour un mandat de trois ans.
En décembre 1999, le juge Chicoine a été nommé conseiller de la reine par le gouvernement de la Saskatchewan.
En octobre 2002, le juge Chicoine a été nommé juge de la Cour provinciale de la Saskatchewan siégeant à Estevan. Il ne restera pas longtemps comme juge de la Cour provinciale.
En octobre 2003, il a été nommé juge de la Cour du Banc de la Reine avec résidence dans la ville d’Estevan. Même que le juge Chicoine prenait soins principalement des affaires originaires du centre judiciaire d’Estevan et de Weyburn, il siégea souvent à d’autres centres judicaires dans la province, surtout à Regina, Saskatoon, Moose Jaw, et Yorkton. Dès sa nomination et pour les prochains neuf ans, le juge Chicoine était le seul juge du Banc de la Reine en mesure de siéger dans les instances où une des parties désirait exercer ses droits à un procès français. Le juge Chicoine démontrait ses compétences linguistiques telles qu’il pouvait mener un procès en français sans interprétation. Il a présidé de nombreux procès en français en litige civil, en droit de la famille, et en droit pénal.
Le juge Chicoine s’est toujours impliqué dans les organismes professionnels et communautaires.
Comme avocat, le juge Chicoine était membre actif de l’Association du Barreau Canadien. Il a été élu membre du conseil national de l’ABC comme représentant de la division de l’ABC de la Saskatchewan entre 1986 et 2002. Il est devenu membre du Comité national des résolutions des statuts et des règlements de l’ABC en 1996 et président du Comité pendant deux ans.
Au niveau communautaire, le juge Chicoine a été membre actif des Chevaliers de Colomb et du Club Kinsmen. En 1988, il a été élu et a présidé le Conseil scolaire des écoles séparées d’Estevan. Il a été réélu trois fois de suite et continua à présider jusqu’à l’année 2000. Durant cette période, le Conseil scolaire des écoles séparées d’Estevan a assisté à l’épanouissement du programme d’immersion française de la maternelle à la douzième année.
Le juge Chicoine était membre de l’AJEFS depuis la fondation de l’association en 1989. Comme membre, Il a contribué de plusieurs façons pour améliorer l’accès à la justice en français en participant comme bénévole lors des activités de l’AJEFS. Depuis quelques années, le juge Chicoine avait dû se récuser comme membre pour éviter tout risque de conflit d’intérêt lorsqu’il siégeait dans une cause concernant les écoles francophones et le gouvernement de la Saskatchewan.
Maintenant que l’AJEFS souligne son 30e anniversaire, nous tenons à souligner la contribution d’un homme qui a excellé dans ses fonctions et qui a apporté son apport remarquable à la communauté juridique francophone.»
Présenté par Me Romain Baudemont, membre du CA de l’AJEFS.
MOT DE REMERCIEMENT

Merci à l’AJEFS de m’accorder le Prix Turgeon. C’est un honneur. Je l’accepte avec humilité.
Le site Web de l’Association nous dit que William Ferdinand Alphonse Turgeon était un ardent défenseur des franco-catholiques. Dans la lutte pour la prévention de leurs droits scolaires, les franco-catholiques de la Saskatchewan n’ont pas eu de représentant plus habile ni d’allié plus précieux que lui.
Je suis très conscient que mes efforts personnels en faveur des droits des francophones et des francophiles en Saskatchewan ne sont pas comparables à ceux de ce grand pionnier, mais ça me fait plaisir quand même de savoir qu’en m’accordant le Prix Turgeon, vous m’avez mis en compagnie de ces autres récipiendaires méritants, incluant l’Honorable Juge Michel Bastarache, l’Honorable Juge Allyre Sirois, Maître Roger Lepage et Maître Rupert Baudais.
Je veux aussi donner hommage à nos parents qui ont lutté pour que leurs enfants puissent avoir une éducation dans la langue française. C’était tout un défi dans le temps de nos parents et grands-parents, et ce l’est même aujourd’hui. Quoi que nos droits linguistiques aient évolué, surtout après que la Charte canadienne des droits et libertés a été enchâssée dans la Constitution canadienne, nous ne devrions pas cesser de demander nos gouvernements fédéral et provincial de respecter et de supporter l’usage du français dans toutes nos institutions civiles, incluant les cours de justice. Nous réussirons à maintenir nos droits linguistiques seulement si l’on fait l’effort d’utiliser le français le plus possible. Le défi ne cesse jamais. C’est maintenant à nous la responsabilité non seulement de maintenir, mais d’améliorer les gains déjà réalisés pour que nos communautés françaises restent vivantes et vibrantes aujourd’hui et dans le futur.
Hon. Guy Chicoine
2009, Me Rupert Baudais

Ce prix a été remis à Maître Rupert Baudais lors du banquet célébrant le 20e anniversaire de l’AJEFS qui a eu lieu le 7 mars 2009 au Carrefour des Plaines à Regina.
« Nous sommes heureux de vous offrir mes nos félicitations pour votre désignation à l’obtention du « Prix honorifique Turgeon 2009 ». Nous désirons par l’entremise de ce prix, souligner votre travail exceptionnel à l’avancement de grands dossiers juridiques contribuant à l’accès à la justice en français en Saskatchewan. Nous tenons à vous remettre ce prix honorifique pour souligner le dévouement exceptionnel et la détermination dont vous avez toujours fait preuve concernant le développement et la promotion des droits des fransaskoises et des fransaskois. »
Me Peter Bergbusch, Président
2006, Me Roger Lepage

Me Roger Lepage est un avocat reconnu auprès de la communauté fransaskoise. Il est un avocat très dévoué et impliqué dans le domaine des droits linguistique ainsi qu’auprès des communautés francophones de partout au Canada.
Me Lepage a fait valoir le droit des accusés à un procès dans la langue de la minorité, en vertu de l’article 530 du Code criminel. En effet, en 1985 à Gravelbourg, il était l’avocat de la défense dans le premier procès criminel en français en Saskatchewan, soit R. c. Tremblay. Puis en 1988, il a représenté le Père Mercure à la Cour suprême du Canada.
Il a toujours déployé des efforts afin que les fransaskoises et les fransaskois obtiennent la gestion de leurs écoles. En 1988 et en 1991, il représente la Commission des écoles francophones contre le gouvernement de la Saskatchewan. En 1998, il est membre du comité de mise en œuvre pour amender la Loi de 1995 sur l’éducation pour établir un Conseil scolaire fransaskois provincial. Il plaide aussi plusieurs causes devant les tribunaux de la Saskatchewan pour faire reconnaître les droits des ayants droits afin qu’ils obtiennent des locaux convenables et équitables pour l’éducation de leurs enfants.
Me Lepage est aussi l’avocat pour les francophones du Yukon et des Territoires-du-Nord-Ouest pour faire valoir les droits à l’enseignement en français en vertu de l’article 23 de la Charte. En septembre et octobre 2005, il est l’avocat leur avocat pendant un procès de deux mois afin de faire valoir le droit de la minorité franco-ténoise à recevoir des services gouvernementaux en français des deux paliers de gouvernements, en vertu des articles 16 et 20 de la Charte.
Au fil des ans, Roger a su se pourvoir d’une réputation nationale dans le domaine des droits linguistiques. On lui demande souvent d’être conférencier aux colloques touchant les questions linguistiques. Et par son implication dans diverses associations, il démontre son leadership au niveau national.
En terminant, j’aimerais souligner que Roger est un des membres fondateur de l’AJEFS et président de la Fédération des juristes d’expression française de commom law, il s’est fait amis et alliés un peu partout au Canada. C’est grâce à son amour pour la cause des minorités francophones qu’il s’est forgé au fil des ans des relations de travail et d’amitié avec des gens qui partagent cette même passion.
MOT DE REMERCIEMENT

Merci à l’AJEFS de m’accorder cet honneur, le Prix Turgeon. Je l’accepte avec humilité. Je me sens béni et choyer car je ne fais que ce que dois faire un avocat, ce qui me passionne. Je suis très reconnaissant d’avoir pu contribuer à l’avancement des droits linguistiques au Canada.
J’ai eu la piqûre très tôt dans ma jeunesse. Né à Vonda dans une famille engagée et élevé à Montmartre j’ai vécu le désir de vivre en français mais j’ai vite constaté l’impact de l’assimilation. Je me suis impliqué lors de mes études universitaires à la mise sur pied d’un mouvement jeunesse fransaskois qui est devenu l’AJF en 1974. J’en fus le premier employé dans le sud de la Saskatchewan.
J’ai retourné aux études convaincu que je devais devenir avocat pour aider mes concitoyens. C’est après ma première année de droit à l’Université d’Ottawa que j’ai fait connaissance du Père Mercure à Edmonton. J’ai vécu chez lui pour un été. Lorsque j’ai commencé la pratique du droit au Regina Legal Aid en 1978, j’ai pu participer avec André Nogue à l’étude de l’article 110 des TNO. L’ACFC cherchait un candidat pour monter un cas type afin de faire valoir la portée de l’article 110. Le père Mercure, avec son pied lourd traditionnel, ne s’est pas fait prier longtemps. Me Raymond Blais l’a habilement représenté au procès et en Cour d’appel. Lorsque le dossier est monté à la Cour suprême du Canada en 1986, j’ai eu l’honneur de prendre le dossier avec Me Michel Bastarache.
En 1985 j’ai aussi eu le privilège de mener le dossier Tremblay pour faire le premier procès criminel en français en Saskatchewan.
Le gouvernement de la Saskatchewan a essayé de faire échec à cette percée des droits linguistiques. J’ai représenté l’ACFC dans le renvoi en Cour d’appel avec succès. Suite à cela, chaque province a passé la loi nécessaire pour permettre des procès criminel en français.
Il faut reconnaître que les droits linguistiques ont beaucoup évolué depuis la Commission B & B de 1966, la Loi sur les langues officielles 1969, la Charte 1982, la Loi sur les langues officielles 1988, les arrêts de la Cour suprême du Canada (Blaikie, Forest, Mercure, gestion scolaire) et l’activisme des tribunaux grâce à la Charte.
Comme minoritaire, la Charte et les tribunaux sont des armes incontournables. Ces armes nous permettent à palier au fait qu’on n’a pas les nombres pour faire voter des lois.
Tout le travail que j’ai pu accomplir ne se fait pas seul. J’ai constamment fit partie d’une famille, d’une paroisse et d’une communauté qui a su m’alimenter et me ressourcer. Je veux donc partager cet honneur que vous m’accorder ce soir avec ma conjointe Sylvie, mes enfants, Marissa et Colin, mes parents, Louis et Gabrielle, et mes frères et sœurs. Je remercie la communauté francophone de m’avoir accordé leur confiance.
I also want to take this opportunity to thank my law firm, Balfour Moss for their continuing support since 1985. I am sure that at times my partners wondered what kind of situation they had gotten into.
Je veux aussi encourager les gens à utiliser et à revendiquer des communications et des services en français de leur gouvernement fédéral, provincial et municipal. Sans cet effort constant il n’y a pas de communauté vivante et vibrante. Être minoritaire est voué à la vigilance constante. Même l’action d’un seul individu peut enclencher toute une série d’événements, pensez au Père Mercure.
Je veux remercier Florent Bilodeau, le récipiendaire du Prix Mercure. J’ai aussi eu le privilège de travailler comme jeune parent à l’obtention de la gestion scolaire. En 1986 nous avons déposé un recours judiciaire qui a abouti au jugement favorable de 1988 et l’appel en Cour d’appel de 1991.
J’ai pu travailler à la rédaction de la loi scolaire et aussi être le premier président du CGEF. J’ai pu œuvrer avec des Florent Bilodeau à la construction d’un réseau d’école.
Lorsqu’on nous bloquait la route, il fallait retourner devant les tribunaux, tel qu’à Zenon Park pour l’obtention d’une nouvelle école ou pour obtenir le niveau de financement garanti par l’article 23; le dossier FFT pour des services et communications en français du gouvernement fédéral et territorial en 2005.
Dans toutes ces démarches, les vrais héros étaient les clients.
Il fallait jamais que j’oublie que le droit doit toujours être au service de la communauté. Le droit doit être un outil qui permet à un individu ou à une communauté de se développer et de s’épanouir. C’est un mécanisme démocratique qui permet de résoudre des différences d’opinion et de faire évoluer le droit et la politique en faveur des minorités.
Me Roger J.F. Lepage
2005, l’honorable Allyre Sirois

L’honorable Allyre Sirois est né à Vonda en 1923. Il a fait ses études au Collège Anthony d’Edmonton ainsi qu’au Radio College of Canada à Toronto. En 1948, il a été bachelier ès Arts de l’Université de la Saskatchewan. En 1950, il est diplômé en droit et passe son examen du Barreau de la Saskatchewan en 1951.
Durant la seconde guerre mondiale, il s’engage de 1941 à 1945. De 1951 à 1964, il pratique le droit à Gravelbourg, et en 1964, il occupe les fonctions de juge à la Cour du Banc de la Reine. Monsieur Sirois a été président pendant dix ans de la commission scolaire de 1953 à 1963 et président de l’Association catholique franco-canadienne de la Saskatchewan (ACFC) de 1963 à 1964.
Me Roger Lepage, le samedi 5 février 2005
2003, l’honorable Michel Bastarache

Me Rupert Baudais présente l’honorable Michel Bastarache, juge à la Cour suprême du Canada
Nous avons le privilège ce soir d’accueillir l’honorable Michel Bastarache, juge à la Cour suprême du Canada depuis octobre 1997 et avant cela, juge à la Cour d’Appel du Nouveau Brunswick. Il est accompagné ce soir de son épouse Yolande, à qui nous souhaitons également la bienvenue.
L’honorable Michel Bastarache est natif de la ville de Québec. Sa mère est originaire de Chicoutimi, son père de l’Acadie. Il passe toute son enfance et son adolescence à Moncton.
Le juge Bastarache a obtenu sa licence en droit de l’Université de Montréal en 1970, une licence d’études supérieures en droit public de l’Université de Nice en 1972 ainsi qu’un diplôme en common law de l’Université d’Ottawa en 1978. Il a aussi enseigné le droit à l’Université de Moncton, et a été doyen de cette faculté de droit ainsi que doyen associé pour la section du common law à la Faculté de Droit de l’Université d’Ottawa quelques années plus tard. Sa maîtrise des deux grands systèmes de droit au Canada, le droit civil et la common law, sont remarquables et sa nomination au plus haut tribunal de notre pays est bien méritée.
Les décisions de l’honorable Juge Bastarache à la Cour suprême du Canada sur les droits linguistiques des francophones, par exemple dans les domaines du droit pénal et concernant le droit constitutionnel des minorités francophones à gérer leurs établissements d’enseignement, sont parmis les plus importantes décisions de la Cour suprême pour nous dans les dernières années. Mais il faut aussi mentionner autre chose afin de mieux connaître notre conférencier de ce soir.
Car Michel Bastarache est plus qu’un juriste de compétence exceptionnelle. Il est aussi un homme de conviction qui a desservi la minorité francophone de plusieurs façons à différents moments de sa vie. Comme traducteur juridique, comme auteur d’un volume sur les droits linguistiques, comme secrétaire général de la Société des Acadiens, comme cadre supérieur pour l’Assomption compagnie mutuelle d’assurance, et au début des années 1980, à la direction générale de la promotion des langues officielles au Secrétariat d’État du Canada. Beaucoup d’autres réussites mériteraient d’être mentionnées, mais le temps nous manquerait pour tout dire.
Me Rupert Baudais, le 8 février 2003
Prix honorifique Mercure
Ce prix honorifique est remis en mémoire du Père André Mercure. Le Père Mercure, un homme déterminé et loyal, décide en 1980, grâce à une contravention de vitesse rédigée en anglais, de faire reconnaître les droits des fransaskois et des fransaskoises en contestant et exigeant un procès en français. Il est décédé avant que la cause ne soit entendue à la Cour suprême du Canada. L’Association culturelle franco Canadienne (ACFC), aujourd’hui devenue l’Assemblée communautaire fransaskoise (ACF), poursuit alors le dossier et gagna la cause en 1988.
Ce prix est décerné à une personne non juriste qui bénévolement a offert son temps et son dévouement pour le respect et la défense des droits des citoyens.
Récipiendaires
Me Roger Lepage, Gérard Leblanc, Me Rupert Baudais et Roger Gauthier
2003

Monsieur Gérard Leblanc a été impliqué activement au sein du mouvement de parents provincial et national pour revendiquer les droits à la gestion scolaire en Saskatchewan. Il a joué un rôle clé dans les revendications politiques et juridiques.
L’obtention de la gestion scolaire francophone en Saskatchewan nous réfère à deux éléments qui sont nettement distincts, mais qui sont à tout jamais indissociables: l’article 23 de la charte des droits et libertés et… le vélo. La Charte en est le fondement, le vélo – un catalyseur, un instrument pour tester l’endurance et la résilience de certains irréductibles qui ne vont reculer devant rien pour obtenir la gestion.
Si, pour vous, ce lien vous semble tout à fait saugrenu, je dois vous dire que ce lien est tout à fait clair dans l’esprit de celui qui sera honoré ce soir.
Presque tout le monde a eu l’expérience du cyclisme en ville ou en campagne; certains ont fait des distances de cent ou deux cents kilomètres; peu de personnes ont eu toutefois l’expérience de traverser le Canada d’un océan à l’autre en bicyclette (200 km par jour).
Ceux qui l’ont fait, savent que ça prend du temps, que c’est lent, que ça demande beaucoup d’énergie et de détermination. Qu’il y a de longue montée, des descentes rapides et dangereuses, des intempéries, de la chaleur, du froid, beaucoup de trafics, des crevaisons (beaucoup de crevaisons). Le voyage commence par un simple coup de pédale, ça fonctionne un coup de pédale à la fois, il faut s’arrêter souvent, et ça ne finit qu’une fois arrivé à l’autre bout! On se sent souvent solitaire, mais on rencontre beaucoup de gens intéressants sur la route!
* * * *
Celui que nous honorons ce soir a eu l’expérience de faire ce long trajet. Il comprend donc parfaitement que l’obtention de la gestion scolaire, est une expérience très semblable: une magnifique épopée, pleines d’aventures et de rebondissements. Il sera cependant le premier à avouer que l’obtention de la gestion a été une démarche encore plus longue, plus difficile, et plus éprouvante. L’histoire de cette épopée, je vous propose de la suivre sur les traces de Gérard Leblanc; sachez que ce parcours croise souvent les grands événements et les grands personnages de l’histoire du Canada et de la Saskatchewan des 20 dernières années.
L’entraînement (6 ans): Depuis l’adoption de la Charte des droits et libertés en 1982, Gérard Leblanc décide de s’impliquer activement au sein du mouvement de parents provincial et national pour revendiquer les droits à la gestion scolaire en Saskatchewan. Élu comme membre du comité exécutif de la Commission des écoles fransaskoises en 1982, il a joué un rôle clé dans les revendications politiques et juridiques. Par exemple, c’est ici-même dans cet hôtel que Gérard, le petit gars de St-Denis, a accosté le petit gars de Shawinigan, alors ministre de la justice, Jean Chrétien, pour discuter du libellé de l’Article 23. En 1984, deux ans après, mécontent de la réponse des ministres Pat Smith et Gary Lane que la Saskatchewan remplissait ses engagements constitutionnels en matière d’éducation, Gérard Leblanc appuie avec force le recours judiciaire que veut lancer la Commission des écoles fransaskoises (CEF) contre le gouvernement de la Saskatchewan pour l’établissement d’une commission scolaire francophone pour la province. En 1986, la cause est entendue devant la cour du banc de la Reine. En 1988, le juge Wimmer accorde gain de cause aux parents francophones.
Préparatif de départ (2 ans): Gérard Leblanc, alors président de la CEF, s’implique activement dans les processus de négociation pour développer un modèle de gestion avec l’ensemble des partenaires en Éducation de la province, mieux connu sous le nom de Comité Gallant.
Mais en 1990, faux-départ, dérapage majeur (1 an): le gouvernement Devine revient sur sa décision et recule devant son engagement de mettre en œuvre la gestion scolaire. Gérard Leblanc ne désespère pas. Il poursuit la lutte juridique auprès de la Cour d’appel de la Saskatchewan, qui réitère la décision du juge Wimmer. Bien que la Cour confirme la décision du jugement Mahé de 1990, elle refuse de contraindre la province à légiférer. Une dernière tentative sera effectuée auprès de la Cour suprême du Canada qui, cependant, refusera d’écouter la cause.
Départ, malgré tout (3 ans): Inébranlable, Gérard Leblanc poursuit toutes les avenues politiques pour forcer le gouvernement à légiférer. Toujours fermement engagé au sein de l’Association provinciale des parents fransaskois (APPF), il obtiendra gain de cause en juin 1993 lorsque le gouvernement Romanow, non sans quelques hésitations (le hoquet de Charlottetown), adoptera le projet de loi pour créer la Composante fransaskoise du système d’éducation de la Saskatchewan. Il est alors assis tout en haut dans la galerie de l’Assemblée législative à Regina. Il regarde du sommet de la montagne. [Yes, Romanow is responsible!] Finalement! dira-t-il.
Un chemin encore long, difficile, et très accidenté (beaucoup de crevaisons): (1 1/2 ans) Gérard Leblanc, toujours président de l’APPF, n’est pas au bout de ses peines. Il s’impliquera comme membre du comité de mise en œuvre, et mettra alors toute son énergie pour que la gestion scolaire soit bel et bien engagée: avec un financement, des installations, un engagement des communautés scolaires, et un processus de mise en œuvre (PPPP – processus de préparation des propositions et des pétitions). La randonnée en vélo, le vrai de vrai, pour la gestion de Saskatoon à Québec, via Ottawa, aura lieu d’ailleurs à cette période.
L’arrivée: En janvier 1995, huit conseils scolaires fransaskois assument légalement la gestion de leur école, avec l’appui du Conseil général des écoles fransaskoises.
En fin de piste, Gérard prendra alors une pause “gestion scolaire” pour quelque temps et se retirera de la présidence de l’APPF. Il aura été alors impliqué bénévolement, et toujours comme bénévole, pendant 14 ans.
Mais, après cette brève intermission, Gérard fait une petite randonnée pour le plaisir (2 ans): En 1999, il revient et sera élu conseiller scolaire de la Division scolaire francophone No310, comme représentant de la région de Saskatoon. C’est la gestion scolaire telle que Gérard l’avait imaginé en 1982, un conseil scolaire provincial, avec des conseils d’écoles pour chaque école.
Gérard Leblanc ne s’est pas impliqué dans la gestion pour son plaisir. C’est comment parent qu’il s’est impliqué; et l’éducation est importance pour les parents.
Gérard et Yvonne son épouse sont des parents avant tout; et ils sont fiers de leurs trois enfants. Jean-Guy, Yvan et Danielle se sont probablement longuement questionné sur l’acharnement, voire même l’entêtement de leur père pour la gestion scolaire.
Sachez que, grâce à son courage et à sa détermination, Gérard Leblanc a contribué de façon capitale et incomparable à la plus grande victoire politique et juridique, encore aujourd’hui, de toute l’histoire de la Communauté fransaskoise : l’obtention de la gestion scolaire fransaskoise. Je considère que Gérard Leblanc est le candidat par excellence pour recevoir ce prix honorifique Mercure 2003.
Roger Gauthier Saskatoon, le 8 février 2003
Madame Irène Chabot
2004

Madame Irène Chabot a travaillé à faire avancer la cause Mercure jusqu’à la Cour Suprême du Canada. Au fil des ans, on retrouvera Irène au Comité consultatif canadien de la situation de la femme et elle siégera au Programme de contestation judiciaire. Récipiendaire de l’Ordre des francophones d’Amérique, l’Ordre de la francophonie et du dialogue des cultures de l’Assemblée internationale des parlementaires de langue française et membre de la Compagnie des Cent-Associés francophones.
Un de ces matins froids de janvier 1988, comme seule la Saskatchewan peut nous en fournir des exemples, la Cour suprême du Canada rendait son jugement dans la cause du Père Mercure. Pendant une trop brève période, le statut de la Saskatchewan comme province bilingue fut reconnu et connu. Malheureusement, la bonne nouvelle fut atténuée par l’adoption de la Loi 2 qui est venue qualifier les obligations de la province en matière de langues officielles. Depuis ce temps, comme le dit le proverbe, «Le petit train va loin», et graduellement une reconnaissance des langues officielles dans les entrailles gouvernementales fait son chemin et des services en français se font voir graduellement, trop lentement à notre goût, mais de plus en plus!
Évidemment, tout le monde connaît l’implication du Père Mercure dans ce long cheminement mais aujourd’hui j’aimerais vous présenter une personne qui a été également instrumentale dans ces méandres judiciaires.
Irène Fournier est née à Montréal mais a été élevée dans la communauté de Ferland en Saskatchewan. Elle travaille dans l’entreprise familiale et un beau grand jeune homme de la région, Alfred Chabot, lui fait la grande demande. Commence ainsi un cheminement de vie qui démontrera son amour pour sa famille, sa paroisse, sa communauté et l’importance que la langue française et la culture ont pour elle.
C’est dans les traces de sa mère, Pearl Kemp-Fournier, qui fonde la section de Ferland de la Fédération des femmes canadiennes-françaises, la première section à l’extérieur de l’Ontario, qu’Irène Chabot s’engage dorénavant dans un long cheminement de bénévolat.
D’abord, elle est membre du directorat du poste de CFRG-AM, la radio française à Gravelbourg de 1958 à 1970. Présidente du foyer-école à Ferland de 1959 à 1964, elle fut membre du Conseil consultatif des collèges communautaires de la Saskatchewan région sud-ouest.
Et puis, on la retrouve à différents postes au sein du mouvement de femmes, tant au niveau local, régional que national. De 1973 à 1979, elle accepte les postes de la vice-présidence et de représentant des quatre provinces de l’Ouest au Conseil d’administration de la Fédération des femmes canadiennes-françaises qui a son siège à Ottawa. Elle y reviendra comme représentante provinciale de la Saskatchewan de 1987 à 1989.
De 1973 à 1977, elle est membre du conseil d’administration de l’Association culturelle franco-canadienne de la Saskatchewan (ACFC). A cette époque, l’ACFC cherche à démontrer le statut des langues officielles en Saskatchewan, province qui tout comme l’Alberta, avait été découpée des Territoires du Nord-Ouest d’alors. Pendant ses trois mandats à la présidence (1977-1979, 1979-1981, 1981-1983), le Père André Mercure se prête à la stratégie de revendication suite à une contravention pour excès de vitesse. (une infraction qui lui était assez commune, le Père Mercure voulant desservir avec célérité ses communautés et filant généralement à vive allure). Sous la présidence d’Irène chabot, des démarches sont donc entreprise pour faire avancer le dossier dans le dédalle des différents paliers juridiques, de la Cour de la Saskatchewan, en passant par la Cour d’appel et finalement à la Cour Suprême du Canada.
«Ma tante Irène», comme on se plaît bien à l’appeler familièrement, dans sa vision de la situation de la femme tant au pays qu’en Saskatchewan, décide également de prendre les choses en main, pour ne pas dire « le volant en main » et se fait également arrêter pour « tout petit excès de vitesse » qui l’amènera elle-même à contester le principe de se faire donner une contravention uniquement en anglais.
Au fil des ans, on retrouvera également Irène Chabot au Comité consultatif canadien de la situation de la femme comme représentante de la Saskatchewan, de 1978 à 1981. Elle siégera également au Programme de contestation judiciaire de 1985 à 1990, programme fort connu de la Communauté fransaskoise, principalement dans le dossier éducation.
On la retrouvera également au premier comité de concertation provincial des Fransaskois pour la première entente Canada-Communauté fransaskoise; bénévole pendant cinq ans à L’Eau vive; vice-présidente de l’amicale féminin du Collège Mathieu; présidente de la Corporation du Collège mathieu de 1984 à 1994; présidente du Comité consultatif de la minorité de langue officielle auprès du ministre de l’éducation de la Saskatchewan; membre du comité de liaison du Centre d’études bilingues de l’Université de Regina; membre fondatrice et membre du conseil d’administration de Télé-Canada; membre du conseil d’administration du Centre des arts de Regina; et la liste peut encore s’allonger.
Depuis 1995, Irène Chabot continue son bénévolat auprès de sa paroisse, des femmes et du Collège Mathieu. Pour nous, sa présence signale toujours un appui tangible et très encourageant pour la présence des femmes dans les différents aspects de nos vies de tous les jours.
Récipiendaire de l’Ordre des francophones d’Amérique en 1982, de La Pléiade, l’ordre de la francophonie et du dialogue des cultures de l’Assemblée internationale des parlementaires de langue française en 1987, membre de la Compagnie des Cent-Associés francophones, son leadership a permis à la Communauté fransaskoise de faire des avancées tant au niveau juridique que dans l’accès à des services en français en Saskatchewan.
Mère de deux filles et trois fils, grand-mère plusieurs fois, elle jouit aussi encore beaucoup de la présence et de l’encouragement de son mari dans sa vie à l’extérieur de son foyer, dans un cadre où la famille, l’église et la communauté francophone occupent une place proéminente. A ce titre, l’obtention du prix honorifique Mercure 2004 sied tout naturellement à Irène Chabot.
Michel Vézina, le 7 février 2004
Monsieur Albert Dubé
2005

Monsieur Albert Dubé a occupé plusieurs postes au sein des associations fransaskoises. Il a joué un rôle déterminant dans la relance de l’hebdomadaire l’Eau vive. Son oeuvre au sein de la communauté fransaskoise a été également récompensé par l’Ordre des francophones d’Amérique et l’Ordre national du mérite.
Un de ces matins froids de janvier 1988, comme seule la Saskatchewan peut nous en fournir des exemples, la Cour suprême du Canada rendait son jugement dans la cause du Père Mercure. Pendant une trop brève période, le statut de la Saskatchewan comme province bilingue fut reconnu et connu. Malheureusement, la bonne nouvelle fut atténuée par l’adoption de la Loi 2 qui est venue qualifier les obligations de la province en matière de langues officielles. Depuis ce temps, comme le dit le proverbe, «Le petit train va loin», et graduellement une reconnaissance des langues officielles dans les entrailles gouvernementales fait son chemin et des services en français se font voir graduellement, trop lentement à notre goût, mais de plus en plus!
Évidemment, tout le monde connaît l’implication du Père Mercure dans ce long cheminement mais aujourd’hui j’aimerais vous présenter une personne qui a été également instrumentale dans ces méandres judiciaires. Il s’agit de Albert Dubé.
Albert Dubé est né à Duck Lake, en 1928. Il a fait ses études primaires à l’école de Stobart, avant de terminer son cours secondaire au Collège St-jean d’Edmonton. Diplômé en hygiène du milieu par l’Institut canadien des Inspecteurs de la santé publique et la National Association of Sanitarians des États-Unis. Il a travaillé dans plusieurs associations sanitaires de la Saskatchewan.
Depuis 1964, Monsieur Dubé a occupé plusieurs postes au sein des associations fransaskoises. Il a tour à tour été président et directeur de l’Association culturelle franco-canadienne de la Saskatchewan (aujourd’hui l’ACF ), directeur général des Publications fransaskoises Limitées, directeur du Conseil de la Coopération de la Saskatchewan et président de la Caisse populaire de Regina. Il a joué un rôle déterminant dans la relance de notre hebdomadaire l’Eau Vive qui avait dû fermer ses portes en 1994 et il est également membre fondateur de la Fondation Marcel Moor.
Son oeuvre au sein de la communauté fransaskoise a été récompensé par l’Ordre des francophones d’Amérique et l’Ordre national du mérite. C’est grâce à la persévérance, la détermination et le dévouement de gens comme lui que notre communauté a su maintenir ses acquis, gagner sa cause dans le domaine de l’éducation primaire et secondaire et que l’on progresse présentement dans les domaines de la santé, de l’économie, de la justice et de l’éducation postsecondaire. L’octroi du prix honorifique Mercure 2005 est une reconnaissance de son implication communautaire et de l’impact profond de son engagement envers sa communauté.
Claude Shink, président de la Coopérative des publications fransaskoises, le 8 février 2005
Monsieur Florent Bilodeau
2006

Monsieur Florent Bilodeau est un homme de foi d’écoute active, un pédagogue, un défenseur et un bâtisseur entièrement dévoué au mieux-être de sa communauté et à la sauvegarde de sa langue. Il a été également reçu membre de l’Ordre des francophones d’Amérique.
J’ai eu le privilège de rencontrer Florent Bilodeau en 1991, au moment où il quittait son poste de directeur général du Collège Mathieu, Gravelbourg (Saskatchewan). J’étais alors, un parent bénévole à l’école Beau-Soleil, de cette même municipalité. Il contribua grandement à la création (1990) et au maintien de notre première école élémentaire entièrement fransaskoise. Il en était le défenseur, tout comme pour le Collège Mathieu. Notons que cette nouvelle institution fransaskoise était, à ses débuts, entièrement financée par les parents et amis, jusqu’en 1994 où le gouvernement provincial, plus particulièrement le ministère de l’Éducation, reconnu ses responsabilités envers nos communautés francophones.
Florent Bilodeau est un homme de foi d’écoute active, un pédagogue, un défenseur et un bâtisseur entièrement dévoué au mieux-être de sa communauté et à la sauvegarde de sa langue. Nous pouvons dire qu’il est, à ce titre, un Fransaskois « pure plaine ». Voilà bien quelques caractéristiques de cet homme à qui nous rendons hommage aujourd’hui. En 1988, il a été reçu membre de l’Ordre des francophones d’Amérique. Et encore, cela est peu dire de la grandeur de cet homme d’exception.
Il a été tour à tour directeur de l’école Notre-Dame-des-Vertus, Zenon Park (1971-1979); directeur général du Collège Mathieu, Gravelbourg (1982-1991); travailleur acharné à la mise en place de la Division scolaire francophone n o 310, il en fut le premier directeur général (1994-2000); président du conseil de pastorale de la paroisse Saint-Jean-Baptise de Regina (2001-2002); directeur de l’Office de coordination des affaires francophones (2000-2006); président du Conseil pastoral francophone interdiocésain de la Saskatchewan (2004); et vice-président aux Services linguistiques des Jeux du Canada, Regina (2005).
Aujourd’hui, c’est avec un pincement au coeur que nous regardons Florent Bilodeau quitter la Saskatchewan pour l’Alberta où il apporte désormais son expertise à titre de directeur général du Conseil scolaire catholique de Calgary. Il y relève d’autres beaux et grands défis. Nous lui souhaitons la meilleure des chances et attendons avec impatience son retour en terres fransaskoises.
Annette Labelle, le 11 mars 2006
Monsieur Gustave Dubois
2008

Hommage posthume à Monsieur Gustave Dubois qui a œuvré à la défense des droits linguistiques en matière scolaire et pour son dévouement à l’épanouissement de l’éducation en français en Saskatchewan.
Ce prix a été remis à madame Roberta Dubois lors du banquet annuel de l’AJEFS et des célébrations du 25e anniversaire de l’Association des parents fransaskois, le samedi 8 mars 2008 à Saskatoon.
« C’est un honneur de rendre hommage à monsieur Gustave Dubois car il a œuvré à la défense des droits linguistiques en matière scolaire et son dévouement à l’épanouissement de l’éducation en français en Saskatchewan est sans aucun doute inestimable »
Me Peter Bergbusch, président de l’AJEFS
Monsieur Roger Gauthier
2009

Monsieur Roger Gauthier a fait preuve de dévouement et de détermination concernant le développement et la promotion des droits des fransaskoises et des fransaskois, notamment comme meneur et facilitateur dans l’avancement de grands dossiers tels que la gestion scolaire.
Ce prix a été remis à Monsieur Roger Gauthier lors du banquet célébrant le 20e anniversaire de l’AJEFS qui a eu lieu le 7 mars 2009 au Carrefour des Plaines à Regina.
« C’est un honneur de vous offrir mes félicitations pour votre désignation à l’obtention du « Prix honorifique Mercure 2009 ». Nous tenons à vous remettre ce prix honorifique pour souligner le dévouement et la détermination dont vous avez toujours fait preuve concernant le développement et la promotion des droits des fransaskoises et des fransaskois, notamment comme meneur et facilitateur dans l’avancement de grands dossiers tels que la gestion scolaire et l’accès à la justice en français en Saskatchewan. »
Me Peter Bergbusch, Président de l’AJEFS
Monsieur René Archambault
2011

Monsieur René Archambault, éducateur de formation, il a consacré toute sa carrière à l’éducation, et à l’éducation française en particulier. Sans son appui, sa sagesse, son habileté et son savoir-faire, il est difficile de concevoir comment la gestion scolaire aurait pu se réaliser dans de meilleures conditions.
Monsieur René Archambault a été, au cours de la longue démarche pour l’obtention de la gestion scolaire, un des architectes qui a permis sa réalisation. Bien que son rôle ait été principalement celui de médiateur et d’intermédiaire entre le gouvernement provincial et la communauté fransaskoise, il a su naviguer avec tact et habilité au sein des institutions gouvernementales pour faciliter le développement et l’adoption de la législation, pour négocier les arrangements financiers avec le fédéral et la province, ainsi que pour faciliter les relations entre les divers partenaires éducatifs de la province, de manière à créer la structure de gouvernance de la nouvelle composante fransaskoise du système de l’éducation, ainsi que les transfert des actifs nécessaires à son fonctionnement.
Éducateur de formation, René Archambault a consacré toute sa carrière à l’éducation, et à l’éducation française en particulier. Il a été de nombreuses années enseignant au Collège Mathieu de Gravelbourg.
Plus tard dans sa carrière, il s’est retrouvé au ministère de l’Éducation au Bureau de la minorité de langue officielle comme Directeur de l’éducation française. Après le départ de Louis Julé, il a été sélectionné pour assumer la direction du BMLO. Cette position au sein du ministère était stratégique. Sa connaissance des structures gouvernementales et sa longue expérience avec la communauté fransaskoise, lui ont permis de créer les ponts nécessaires pour favoriser l’émergence de ce qui constitue aujourd’hui le fondement de l’éducation fransaskoise dans nos écoles.
Pendant la période de 1989 à 1993 qui a conduit à l’amendement de la Loi 39 le 3 juin 1993, René Archambault travaillait auprès du ministère de la Justice et du ministère de l’Éducation pour faciliter la rédaction d’une loi qui répondrait aux besoins de la communauté fransaskoise et satisferait les divers partenaires du monde éducatif de la province. À cette époque, il joua un rôle important par sa participation comme représentant du ministère de l’Éducation au sein du Comité de mise en œuvre. Plus tard, de 1993 à 1995, René était au centre de l’action dans les négociations avec le fédéral pour l’obtention du financement pour la mise en œuvre de la gestion. Il a contribué à développer les mécanismes qui ont permis une mise sur pied ordonnée de la gestion en relation avec les commissions scolaires cédantes où se retrouvaient les écoles fransaskoises qui allaient intégrer la nouvelle composante. Il a maintenu des relations de coopération avec les regroupements de parents des diverses écoles et l’Association des parents fransaskois qui, à cette époque, servaient de moteur pour mobiliser les communautés scolaires. J’ignore le nombre de ficelles qu’il a dû tirer pour s’en sortir, mais je peux vous assurer qu’il a bien sû sortir son épingle du jeu; René a tout fait en son pouvoir pour obtenir le respect maximum des droits à l’éducation française de la Communauté fransaskoise.
Sans son appui, sa sagesse, son habileté et son savoir-faire, il est difficile de concevoir comment la gestion scolaire aurait pu se réaliser dans de meilleures conditions. C’est donc un plaisir et un honneur pour moi de poser la candidature de René Archambault pour le Prix Mercure pour l’année 2011. Je le considère comme un homme honnête, intègre et qui mérite pleinement cet hommage de l’Association des juristes d’expression française de la Saskatchewan.
Veuillez accepter mes salutations les plus sincères,
Roger Gauthier, le 11 mars 2011
Monsieur Raoul Granger
2012

Monsieur Raoul Granger est un des pionniers fransaskois pour la défense des droits linguistiques en matière d’éducation en français en Saskatchewan. Il a contribué à la mise sur pied d’une véritable gestion des écoles par les francophones pour les francophones.
Chers juristes d’expression française, chers invités, chers amis, chers membres de la famille Granger, cher Raoul,
C’est avec un immense plaisir que j’ai l’honneur de vous présenter ce soir la personne qui a été sélectionné pour recevoir le prix Mercure 2012.
C’est un fait peu connu, et pour beaucoup oublié, que Raoul Granger est un des pionniers fransaskois pour la défense des droits linguistiques en matière d’éducation en français en Saskatchewan. Beaucoup plus de gens connaissent Raoul pour son travail sur scène ou comme auteur de plusieurs pièces qui ont fait l’affiche à la Troupe du Jour : Le costume, Le mariage de la Fille Gareau, Double néfaste, un conte de fées… comme il se doit … (toutes des pièces où j’ai eu le plaisir d’être acteur ou encore de jouer certains extraits); Bonneau et la Bellehumeur également où il s’est permis de jeter un regard sur l’histoire des métis. C’est toujours un défi de s’incarner dans des personnages sortis de l’imaginaire de Raoul; il a l’esprit fertile.
On ne peut donc pas faire une présentation ordinaire de la contribution de Raoul à la reconnaissance des droits à l’éducation en français en Saskatchewan; choisissons un parcours dramatique, avec des revirements inattendus et des personnages tendres, d’autres coquins, et certains malveillants.
Prologue : Le grand questionnement
Raoul s’est impliqué activement dans les revendications pour la gestion scolaire dès le début des années 80, alors que la famille Granger se préoccupait de l’accès à l’éducation française des enfants. Son implication concordait justement avec le rapatriement de la Constitution, et l’adoption de la Charte des droits et libertés adoptée en 1982; l’inclusion de l’Article 23 de la Charte constituait l’instrument parfait pour arriver à ses fins.
Une voix : On est dans la grande ville! Où c’est qu’on va envoyer nos enfants à l’école; y a pas de vrais écoles françaises qui peuvent protéger nos enfants de l’assimilation!
Acte 1 L’éveil :
Raoul s’est d’abord engagé activement à Saskatoon, en collaborant avec un groupe de parents de cette communauté à l’établissement de l’École canadienne-française. Après de multiples rencontres à la bibliothèque municipale, de difficiles négociations avec le ministère de l’Éducation, et des demandes acheminées aux commissions scolaires publiques et séparées de Saskatoon, l’ÉCF ouvrait ses portes avec une poignée d’enfants à l’École Sion sur Idylwyld; une sorte de gestion scolaire embryonnaire qui permettait aux parents de gérer l’école dans le contexte d’une association avec la Commission scolaire catholique de Saskatoon. Il a d’ailleurs été président dès le début de l’école et par la suite a continué de siéger sur le conseil d’administration pendant plusieurs mandats.
Extrait :
Jeannine : C’est pas grand-chose comme école, mais au moins c’est notre école!
Raoul : Mais une école pas de livres, c’est pas une école. Je pense qui va falloir aller faire des achats, pis vite.
Wilfrid : L’école ouvre ses portes la semaine prochaine. Ya pas quelqu’un qui a une grande valise pour aller piquer des livres queque part!
Raoul : Ben tiens! Justement je me rends à Montréal, la semaine prochaine. Si on prépare un petit budget, je pourrais aller faire une commande pis rapporter ce que je peux!
Acte 2 : La grande mobilisation
Dans une tentative de solidarité avec les autres communautés francophones de la province, Raoul s’est employé à reprendre la structure déjà dépassée de l’ACEFC (Association des commissaires des écoles franco-canadiens de la Saskatchewan) pour créer la Commission des écoles fransaskoises (CÉF) dont il devenait le premier président en janvier 1983, justement lors d’une rencontre tenue dans les locaux même de l’École canadienne-française à Saskatoon. Comme leader de ce groupe de parents convaincus, Raoul s’est mis à la tâche d’informer et de sensibiliser les parents des diverses communautés de la province, ainsi que les représentants des commissions scolaires locales, sur l’importance de l’éducation française pour la survie des communautés, sur la nécessité de transformer les écoles (connues sous le terme type A et type B) pour en faire de véritables institutions d’enseignement en français langue première, et sur l’obligation qui incombait aux parents de revendiquer auprès des instances gouvernementales la gestion de ces établissements conformément aux exigences de l’Article 23 de la Charte des droits et libertés. Au cours de cette période, la définition de l’école fransaskoise a été raffinée et un modèle de gestion a été développée; deux éléments importants pour entreprendre les démarches de revendication.
Extraits :
Gérard : Si on leur parle de l’Article 23, y vont jamais comprendre à quoi on veut en venir avec ça; c’est comme du chinois d’avocat! On va être là comme trois mousquetaires, en train de se débattre avec du jargon!
Raoul : Je pense que ça serait plus important de leur expliquer, ce que c’est qu’une école fransaskoise. Autrement ils vont penser que c’est la même chose qu’une école d’immersion. On a déjà assez de problème à se démêler avec toute cette affaire de type A et de type B. On dirait que c’est des groupes sanguins! Gustave, t’aurais pas une idée comment on pourrait définir ça?
Gustave : Ouais!………………………… Ben écoute, je vais y réfléchir puis je vous reviens là-dessus la semaine prochaine. Ça devrait pas être si compliqué que ça! Une école fransaskoise, c’est une école dont l’accès est pour les francophones, qui fonctionne en français, et qui est géré par des francophones, mais à partir des fonds publics!
Acte 3 : La chicane dans la cabane… gouvernementale
En 1984, suite à des rencontres avec le gouvernement Devine de l’époque, le ministre de l’Éducation Pat Smith a réitéré que le gouvernement remplissait pleinement ses obligations envers la Charte par le modèle des écoles d’immersion déjà en place. Dans la même veine, le ministre de la Justice Gary Lane indiquait que, si les parents étaient en désaccord avec la position de la province, il les invitait à recourir aux tribunaux.
Extrait :
Raoul : Avec tout le respect que je vous dois, monsieur le ministre, je ne suis pas certain que vous comprenez la situation : le gouvernement ne répond pas présentement à ses obligations en vertu de l’Article 23 de la Charte des droits et libertés. Le gouvernement doit apporter des amendements à la loi à l’Éducation…
Monsieur le ministre (les pieds sur le bureau) : Permettez, monsieur Granger. Le gouvernement répond pleinement à ses obligations avec ce qui existe déjà présentement, et nos dispositions sont déjà très généreuses. Si vous pensez que les francophones ont plus de droit que ça, monsieur Granger, vous pouvez toujours faire appel aux tribunaux!
Raoul : Avec le peu de respect qui me reste encore, Monsieur le ministre, ce sera peut-être la seule façon de vous faire comprendre!… C’est le temps d’arrêter de se faire la cour, monsieur le ministre. See you in court!
VLAN! Sortie – côté cour…
Acte 4 : Le droit … chemin : le chemin du droit
Inutile de vous dire que Raoul Granger n’était pas impressionné; mais il n’y avait rien là pour le décourager de poursuivre ses démarches.
Commence alors de 1984 à 1985 tout le travail d’élaboration de la cause qui sera déposée devant la Cour du Banc de la Reine de la Saskatchewan, et qui sera entendue devant le tribunal par le Juge Wimmer en octobre 1985. Il s’agissait alors d’une période difficile pour la Commission des écoles fransaskoises et pour Raoul Granger, alors que l’opinion publique et une large partie de la population fransaskoise s’objectaient à la remise en cause du statu quo, et s’inquiétaient des répercussions de ce cas de cour sur les communautés scolaires, le personnel enseignant et les élèves.
Extraits :
Une voix : Vous autres, les jeunes, vous allez tout débâtir ce qui nous a pris des années à construire. Au moins là on a des écoles françaises; c’est quand même mieux que dans le temps qu’on avait juste droit à 30 minutes de français par jour.
Raoul : Je sais que c’est pas facile à accepter. Mais, un droit, c’est un droit! Et on n’a pas le droit de se laisser marcher sur le dos, puis de continuer de se faire assimiler à petit feu! Les écoles d’immersions, c’est des foyers d’assimilation, et ça répond seulement aux besoins des anglophones. On voit bien que quand lorsqu’on s’implique dans la gestion de nos écoles, que ça fait une grosse différence… que tout se passe en français et que c’est là que nos enfants développent une vrai fierté d’être francophone!
Acte 5 : Et puis après
L’attente a été longue avant d’obtenir la décision de la cour et n’est survenue qu’en 1988. Dans cette décision historique pour la francophonie en Saskatchewan, le juge Wimmer donnait gain de cause aux parents francophones en leur accordant le droit à la gestion de leurs établissements et indiquait que le gouvernement avait la responsabilité de mettre en place les mécanismes pour ce faire.
Alors qu’il laissait la présidence de la CÉF en 1988, Raoul a continué de s’engager au sein du Comité exécutif de la CÉF, et au sein de l’Association des parents de son école à Saskatoon, pendant la période de la mise en œuvre de la gestion scolaire, en participant notamment aux travaux de conception du modèle de gestion sous le leadership de la Commission Gallant. Son savoir-faire, son expertise et sa détermination de voir la mise sur pied d’une véritable gestion des écoles par les francophones pour les francophones, ont été déterminantes dans la conception du modèle de gestion sur lequel se sont entendus l’ensemble des partenaires du milieu éducatif.
Bien qu’en position d’arrière-plan pendant les quelques années de la mise en œuvre de la gestion, Raoul a continué de s’impliquer à l’école canadienne-française comme membre du CA de l’Association des parents et comme bénévole.
Il reviendra sur la scène publique en 1994, en se faisant élire parmi la première vague des conseillers scolaires qui allaient prendre en charge la gestion des écoles fransaskoises dans les huit communautés scolaires qui avaient déposés une demande de création d’un conseil scolaire. Il représentera le Conseil scolaire de l’École canadienne-française de 1995 à 1998, et en sera le président de mai 1996 à 1997. Il siégea également au comité de gestion nord de 1996 à 1997, et occupa le poste de vice-président du Conseil général des écoles fransaskoises de juin 1996 à novembre 1996.
Extrait :
Raoul devant son écritoire, alors qu’il rédige la déclaration des parents fransaskois en 1989 :
Moi parents fransaskois, père et mère de filles et de fils de tradition française en Saskatchewan,
Je reconnais mon rôle dans la perpétuation de notre collectivité dans le monde, et dans l’accroissement de ses valeurs et de ses coutumes. Ce rôle, je ne suis pas seul à le jouer. J’en vois ici plusieurs autres rassemblés comme moi pour ensemencer l’avenir.
J’accepte totalement et librement, joyeusement même, ma responsabilité de nourrir, soigner, aimer et former mes enfants.
Je reçois aussi avec gratitude et fierté ce droit fondamental que nous avons réclamé et qu’on nous a reconnu afin de vivre et d’élever nos enfants selon le génie de notre race, nos traditions et nos coutumes.
Signé : Parent fransaskois
Raoul a ainsi pu goûter aux résultats des efforts des parents qui avaient été entrepris par la longue lutte pour l’obtention de la gestion scolaire, et contribuer aux fondements des institutions de ce que constitue aujourd’hui une des grandes contributions à la défense des droits des francophones en matière d’éducation dans la langue de la minorité au Canada. Il en a été un des grands défenseurs, un des grands penseurs et un des grands architectes. Pour toutes ces raisons, nous considérons que Raoul Granger mérite pleinement le privilège de recevoir le prix Père Mercure 2012 pour la défense des droits linguistiques des francophones en Saskatchewan.
Roger Gauthier, le 10 mars 2012
Monsieur Wilfrid Denis
2019

Monsieur Wilfrid Denis, sociologue et professeur émérite, il a été un témoin expert lors du procès de 1987 pour la gestion scolaire. Les parents ont gagné le droit à des écoles francophones et la gestion de ces écoles. Depuis sa retraite en 2014, il poursuit toujours ses recherches sur les droits des minorités linguistiques au Canada et surtout sur l’article 23 de la Charte.
Prix honorifique Mercure, Monsieur Wilfrid Denis 2019
Avant de vous présenter le lauréat du Prix Mercure 2019, je veux vous rappeler ce qu’est le Prix Mercure. C’est un prix honorifique remis en mémoire du Père André Mercure de North Battleford, en Saskatchewan. Le Père Mercure était un homme déterminé et loyal à la communauté francophone. Il décide en 1980, grâce à une contravention de vitesse rédigée en anglais, de faire reconnaitre le droit des fransaskois et des fransaskoises au service juridique en français. Il a donc accepté l’invitation de l’ACFC de prêter son nom pour exiger un procès en français et des lois en français. Malheureusement, il est décédé avant que la cause ne soit entendue par la Cour suprême du Canada. L’Association culturelle franco-canadienne, l’ACFC, aujourd’hui devenue l’Assemblée communautaire fransaskoise (ACF) a poursuit le dossier et gagna la cause en Cour suprême du Canada en 1988.

Le Prix Mercure est décerné à une personne non-juriste qui, en tant que bénévole et membre de la communauté francophone, a offert son temps et ses talents pour faire avancer l’accès à la justice en français en Saskatchewan et au Canada. C’est aussi pour reconnaitre une personne qui a œuvré durant sa carrière au développement et à l’épanouissement de la minorité francophone du Canada.
C’est un honneur pour moi de vous présenter le lauréat pour le Prix Mercure 2019, le Dr Wilfrid Denis, sociologue. Personnellement, je connais Wilfrid Denis depuis 1972. À l’époque, il travaillait à l’ACFC comme animateur afin de mettre sur pied une association jeunesse fransaskoise. J’ai eu le plaisir de travailler avec lui pour organiser des ralliements jeunesse fransaskois dans le sud de la province. Par la suite, il a poursuivi son éducation universitaire en sociologie. J’ai poursuivi mes études en droit. Nos chemins se sont croisés à nouveau lorsque les jeunes parents francophones ont exigé la mise sur pied d’écoles françaises langue première partout en province. Les parents ont tenté de convaincre le gouvernement provincial que l’article 23 de la Charte leur accordait le droit à des écoles françaises et non des écoles bilingues. Il a fallu aller en cours pour les obtenir. Dr Denis était un témoin expert lors du procès de 1987 à Regina. Les parents ont gagné le droit à des écoles francophones et la gestion de ces écoles.
Par la suite, en 2010, j’ai eu à faire encore appel au Dr Denis pour témoigner comme expert dans des dossiers scolaires aux Territoires du Nord-Ouest et au Yukon. Encore en 2014, il a accepté de faire de la recherche comme expert pour des dossiers juridiques toujours en marche en province.
Originaire de St-Denis, en Saskatchewan, Wilfrid a enseigné à l’Université de la Saskatchewan dans le domaine de la sociologie pendant 37 ans. Professeur émérite depuis sa retraite en 2014, il poursuit toujours ses recherches sur les droits des minorités linguistiques au Canada et surtout sur l’article 23 de la Charte.
Wilfrid a contribué à la communauté fransaskoise à multiples niveaux, tel que député de l’ACF pour Saskatoon de 2001 à 2006, président par intérim de l’ACFC en 2003, à la Fondation fransaskoise en tant que conseiller et à la présidence, comme conseiller scolaire au Conseil scolaire fransaskois de 1994 à 1997 et à divers postes à la Fédération des francophones de Saskatchewan, dont en autre à la présidence du comité de prélèvement de fonds de 2004 à 2012.
C’est donc un énorme plaisir pour moi de présenter le Prix Mercure 2019 au Dr Wilfrid Denis.
Me Roger Lepage, le 5 octobre 2019
Mot de remerciement
Merci très sincèrement à l’AJEFS pour cet honneur. Je l’accepte en toute humilité. Je le reçois personnellement mais pas pour célébrer mon rôle comme tel. Plutôt, j’y vois la reconnaissance et la célébration de la communauté fransaskoise car on ne travaille jamais seul. On ne réussit pas seul.
De 1976 et 1979, mon épouse, Jeannine, et moi sommes déménagés à Ottawa pour poursuivre nos études universitaires. À notre retour, on s’est vite aperçu qu’on n’avait pas suivi les développements dans la communauté fransaskoise. Certains leaders parlaient maintenant de gestion scolaire, de contrôler nos écoles. Je reconnais que je n’avais pas suivi cette évolution.
Je croyais qu’ils rêvaient en rose. Les Fransaskois avaient perdu le contrôle de leurs écoles en 1944 avec le Larger School Unit Act. Pour moi, créer et contrôler nos propres écoles semblait très irréaliste. Mais avec un jeune poupon dans les bras et en attente d’un deuxième, mon épouse et moi avons décidé de s’engager dans « la cause ».
Nous avons épaulé ceux qui marchaient devant nous, les Gustave Dubois, Raoul Granger, Gérard Leblanc, eux aussi récipiendaires du Prix Mercure. Mais le leadership est communautaire, alors la reconnaissance de ces leaders est partagée aussi avec les générations précédentes dont les noms et les luttes remontent à plus d’un siècle. Pour les jeunes et les nouveaux arrivants d’aujourd’hui, sachez que le travail n’est pas fini. On est plus qu’heureux de partager le flambeau avec vous.
Comme je disais plus tôt, on ne travaille jamais seul. Une composante importante, un support indéfectible à ces luttes est la famille. Je reconnais mon épouse, Jeannine, qui a été d’un appui inestimable tout au long de ma carrière. Je reconnais et remercie mes trois garçons, Jacques, Gilles et André, pour les soirées, les fins de semaines, les préoccupations qui brouillent le sommeil et nous laissent un peu trop impatient le lendemain, Sans vous quatre, je n’aurais jamais pu contribuer de la façon dont je l’ai fait. Ce Prix Mercure est autant à vous, à la communauté, qu’à moi. En votre nom, merci à l’AJEFS.
Wilfrid Denis, le 5 octobre 2019



